jeudi 30 juillet 2015

Encore un peu de cassis, ma puce?

Oh je sens que je vais me faire engueuler par certaines...
Oui, je sais, la monomanie c'est mal, je sais, refaire toujours la même chose c'est nul, je sais, vous allez tous déserter le blog et je vais me maudire, je sais, JE SAIS!
Malgré tout ça, j'ai récidivé dans la Cassis shawlette.
J'entends d'ici des bâillements au fond de l'assistance, des murmures de reproches, des "elle nous gonfle avec sa shawlette à la con".

Toujours la même, Cassis Shawlette, donc, disponible en français et gratuitement sur Ravelry.
Tricoté ici avec deux pelotes de coton Natura de DMC.


Mais j'ai une excuse de taille.
Je vous jure.
Faut m'écouter!!!!

Vous vous rappelez que j'ai crâné avec mon châle vénitien? Mes mille heures de train? Mon tricot sur terrasse avec vue?
Bon hé bien en rentrant d'Italie, j'ai eu l'agréable surprise de constater que mon salon était en proie à une invasion - que dis-je, une infestation! - de puces de plancher.
Non, je vous jure c'est pas une connerie. Et je vous jure que c'est une plaie inimaginable.

À l'heure où je vous parle, le fléau est maîtrisé (je crois, mais la vigilance reste de mise).
Toutefois, il nous a fallu un mois de guerre quotidienne et sans merci pour venir à bout de cette saloperie monstrueuse qu'est la puce.
Vous savez qu'elle peut survivre jusqu'à une température de 50 degrés?
Qu'une larve peut rester dormante jusqu'à six mois dans votre habitat?
Qu'elle affectionne la chaleur et les recoins sombres?
Qu'elle peut pondre JUSQU'A 50 OEUFS PAR JOUR, LA GARCE!!!!
Ouais, feriez bien d'aller passer l'aspirateur chez vous au lieu de vous moquer!
Ce parasite existerait sur terre depuis 165 millions d'années et Wikipédia nous informe qu'elle aurait peut-être même enquiquiné... les DINOSAURES!!!
La puce est un monstre increvable!


Bien entendu, il a fallu traiter maintes fois les pièces touchées (le machin a proliféré au fil des semaines) et nettoyer consciencieusement la baraque entière tous les jours pendant tout ce temps. Et par "consciencieusement", j'entends chaque latte de parquet, chaque fente de plinthe, chaque fissure, chaque millimètre de meuble, chaque rainure de lambris.
Aspirateur, serpillère, anti-puces chimiques, fumigènes, vinaigre blanc, chants vaudous, passage du chat au peigne fin...
Et ce, chaque jour.
Vous imaginez l'horreur?

Et qui c'est qui stockait sa laine dans de jolis paniers en osiers pleins de fissures, ouverts aux yeux de chacun, des multitudes de pelotes aux innombrables recoins sombres et chauds, dans ce putain de salon???
(Rappelez-vous...):

Mmm, et tellement bien rangé, en plus...

Autant vous dire que mon stock de laine a subi un régime amincissant draconien.
Quasiment tout est parti à la poubelle... Au départ, j'ai simplement stocké mes pelotes dans des sacs à la cave en les apsergeant d'antipuces, mais quand je me suis rendu compte un mois plus tard que les salopes étaient toujours là, j'ai vu rouge! J'ai gardé uniquement les cadeaux et les pelotes précieuses (mais je n'en ai quasiment pas).
Et qu'ai-je fait avec ces quelques pelotes restantes?

Hé bien j'ai eu une idée de génie. Comme quoi, face à l'adversité, l'esprit humain est capable de prouesses.
Je les ai mises dans des sacs hermétiques et je les ai rangées au congélateur.
Ouais, ouais, j'ai cryogénisé mes puces!!!! Comme le scientifique dans Jurassic Park avec l'ADN de dinosaure contenue dans un moustique! Mais si, rappelez-vous:


Sauf que moi, je n'avais pas l'intention de garder mes puces au frais pour les réssuciter dans 160 millions d'années (elles n'ont pas besoin de moi pour ça et survivront bien plus longtemps que nous, après l'explosion du soleil). Mais j'avais étudié de près la question de la puce et découvert son point faible: le froid.
Donc hop, 48h au congélo pour mes pelotes rescapées du drame.
Ensuite, un jour de beau temps (et le trouver n'a pas été la tâche la plus simple de cette expérience...), j'ai étalé un drap blanc dans le jardin (oui, oui, à ce stade j'étais complètement cinglée), secoué mes pelotes au-dessus dans l'espoir de voir s'en détacher des dizaines de cadavres (ça ne s'est pas vraiment produit) et pour éviter de psychoter ensuite pendant mes tricots en m'imaginant avec des cadavres de puces plein les doigts, j'ai sorti le bon vieil Electrolux superpuissant (armé d'un sac aspirateur neuf dans lequel j'avais glissé un collier antipuces, on ne prend aucun risque) et j'ai tout aspiré pendant une éternité.
Bon, là, je dois avouer que j'étais pas fâchée d'avoir jeté 95% de mon stock parce que j'ai quand même d'autres choses à faire dans la vie, merde.

N'empêche que (et on en vient au sujet qui nous intéresse) je me suis retrouvée bien dépourvue quand la bise fut venue. Pas le moindre morceau de fil à me mettre sous l'aiguille! Car mon stock rescapé ne me permettait pas vraiment de tricoter un ouvrage à proprement parler.
Et pas vraiment le temps de tricoter non plus avec tout ça....
Voilà qu'après une nuit passée à rêver de puces (je vous jure que j'ai frôlé la démence), et alors que je me rendais pour la 12e fois à la jardinerie faire le plein d'armes chimiques pour liquider l'ennemi, je suis tombée sur leur rayon laine.


Et là, j'ai eu comme une bouffée d'espoir. J'ai entrevu un avenir radieux où je pourrais de nouveau me déplacer pieds nus sans craindre les piqûres, vivre sans me scruter les chevilles 12000 fois par jour avec l'angoisse de découvrir une de ces saloperies en train de me sucer le sang jusqu'à la moelle et mettre un terme à mes tête-à-tête avec l'aspirateur. Bref, j'ai été prise d'un furieux besoin de tricoter.
J'ai donc acheté deux pelotes de coton et me suis plongée dans un modèle réconfortant et bien connu, un plaisir facile et immédiatement accessible, l'équivalent tricotesque de la tablette de chocolat spécial situation de crise: la Cassis Shawlette.
Et il est bien possible que ce tricot m'ait évité la psychose.
Ça, et le petit blanc, bien sûr.
(Après tout, cassis et petit blanc, ça fait un bon apéro.)



Franchement, c'est pas une excuse en béton, ça?

La prochaine fois, ben je sais pas ce que vous aurez.
Je vous parlerai peut-être de mon invasion de fourmis dans la salle de bains.
Ou des mites qui peuplent mon placard.
Ou de ma foutue piqûre de tique.
Ou peut-être que d'ici là j'aurai viré pyromane et que je me serai débarrassée à l'aide d'un bidon de kérosène et d'une allumette de tous ces insectes qui me pourrissent la vie.


mercredi 22 juillet 2015

Le châle du Quimper-Venise

Jusqu'à il y a peu - vous l'aurez remarqué - quand je partais en voyage, je choisissais mon tricot de train en fonction de la longueur du trajet et de l'encombrement potentiel. Mais ça c'était avant.
Maintenant je fais l'inverse: je choisis le trajet en fonction de mes envies de tricot.
Or là, j'avais visé un châle long, long, long.... En point mousse mousse mousse... Du coup je me suis dit: oh, ça me tiendra bien jusqu'à l'Italie, cette histoire!
Et ça n'a pas manqué. Je vous présente le châle du Quimper-Paris, Paris-Milan, Milan-Venise... et retour!


Secret of change, de Veera Valimaki, disponible en anglais (et en payant) sur Ravelry

Autant le dire tout de suite, si vous aimez la fantaisie, les motifs compliqués, un tricot qui demande de l'attention, passez votre chemin. Non parce que là, c'est du plat pays de point mousse jusqu'au terminus, hein! Et au retour aussi!
J'ai cru lire ici ou là sur Ravelry que certaines tricoteuses s'étaient mortellement emmerdées sur ce coup et je les comprends. Mais moi, des hectares de point mousse avec juste un petit trou de temps en temps, ça m'a tout à fait convenu. Parce que quand on tricote dans le train, il faut pouvoir garder un peu d'attention pour regarder le paysage, rêvasser, écouter des audio books ou les chouettes émissions de radio qu'on a podcastées ou encore la conversation des voisins de derrière.



Tricoté en 4,5 et de l'alpaca Drops vert d'eau légèrement chiné (cette petite chose m'a tout de même bouffé quasiment 4 pelotes! On le croirait pas comme ça).
La couleur est vraiment belle, délicatement nuancée comme tous les coloris de cette gamme décidément irréprochable, et aux prix défiant toute concurrence.

Le résultat est à la hauteur de mes espérances: hyper moelleux et fin et chaud et doux.
Je crois que ma révélation de l'année sera le point mousse. Dire que je trouvais ça hyper moche avant! L'âge sans doute... (D'ici quelques années je suis sûre que je vais me mettre à aimer des trucs comme les napperons et les chocolats à l'eau de vie...)



La mise en scène crâneuse juste pour prouver que oui, oui, j'y suis bien allée avec mon tricot. Là-bas au fond, le machin qui dépasse c'est le campanile de San Marco...


Les magasins de laine vénitiens (il y en a!) sont splendidement kitsch avec de la laine acrylique à froufrous et des fanfreluches aux couleurs indéfinissables que je vous éviterai ici. Par contre au détour d'une rue, je suis tombée sur ça:


Le pick knit!
Sur ce, je vous souhaite de bons pick knits d'été. La prochaine fois (d'ici peu de temps), vous aurez droit à un récit rocambolesque!

mardi 14 juillet 2015

Couverture climatisée

En ces temps de canicule (je parle pour vous, nous ici on a à peine tombé le gilet...), j'ai tricoté un petit cadeau de naissance léger. Tiens, un cadeau de naissance, ça faisait longtemps!

J'avais d'abord fait une brassière au point mousse et le résultat était tellement moche que j'ai tout défait et opté pour de la dentelle.


L'heureux destinatire est un petit garçon, mais rien n'interdit de faire de la dentelle même pour eux. Sur ma lancée, j'aurais bien choisi une autre couleur que le bleu, mais il avait été sélectionné par la maman et il est très joli, alors je l'ai gardé.


Né en pleine vague de chaleur dans la banlieue parisienne, je crois que cette couverture (coton + dentelle = ne tient pas chaud) est tombée comme il faut!


J'ai laissé à mon amie l'option doublage. Avec un peu de liberty et du molleton, elle pourra facilement en faire une couverture d'automne.
Le patron (Leafy Baby Blanket) est disponible gratuitement et en français sur Ravelry, ici, et il est très agréable à tricoter. J'ai fait une répétition de moins pour le motif, par peur d'être à court de laine. Quant au fil, c'est donc du coton acheté chez Eurodif et dont j'ai oublié la marque...

Allez, encore un peu de bleu pour la route!



mardi 7 juillet 2015

Bleue shawlette et shawlette bleue...

Il me fallait un modèle joli, rapide à tricoter pour un cadeau, faisable avec de la laine du stock...
Bin ouais, du coup j'ai récidivé avec une Cassis shawlette!
(Si vous habitez hors Finistère, les photos qui suivent risquent de vous faire un choc thermique...)




Même modèle, même laine (Coast en double, deux pelotes, coloris Tweed) et même plaisir à réaliser!

Que dire de plus?

dimanche 7 juin 2015

Blanc cassis

À l'occasion d'un petit voyage en train de dix heures d'affilée (le lot de nous autres, habitants du bout du monde), j'avais besoin d'un tricot rapide (enfin pas trop non plus, avec le retour fallait compter vingt heures de voyage tout de même) et pas encombrant.

Mise en scène romantique, tricot et travail! 

J'ai trouvé mon bonheur avec cette petite merveille de Cassis Shawlette, réalisé ici avec deux pelotes de Holst Garn Coast (en double) coloris Dove.



Le modèle est disponible gratuitement en plusieurs langues dont le français sur Ravelry, ici-même.
Il est vraiment très simple, le motif de dentelle est enfantin, ça se retient tout seul, pas besoin de consulter sans arrêt son papier, ce qui vous donne le loisir d'admirer le paysage par la vitre du train et d'épater tous les autres passagers parce que vous tricotez sans regarder.

J'ai même scotché un petit garçon à qui j'ai fini par proposer d'essayer de faire une maille, au bout de quelques longues minutes de scrutage intensif. Bon, je crois que je l'ai dégoûté à vie du tricot, malheureusement...

Point mousse et trous-trous, l'association qui marche
J'ai tricoté 16 répétitions du motif de dentelle contre les 15 préconisées (erreur involontaire... au-delà de 5 je ne compte plus très bien, c'est connu) et utilisé des aiguilles 4,5 vu que j'ai doublé le fil. Et ma shawlette est parfaite comme ça. Je veux dire qu'elle ne sert pas seulement à faire beau, mais qu'en plus, elle tient chaud (juste ce qu'il faut, c'est moitié coton). Le modèle propose de le faire en simple avec des aiguilles 3... libre à vous de faire comme ça, mais je pense que le résultat doit être un chouïa petit.

C'est l'accessoire parfait dont je manquais, il ne me quitte plus et devinez avec qui il s'entend à merveille....


Avec tout ça je me découvrirais presque une passion pour le blanc cassé.
Ouais, pour le blanc cassis aussi, mais est-ce bien la peine de le préciser?

Mon petit châle n'est pas le seul à bien s'entendre avec mon gilet steeké d'amour...
Ouais, sauf que mon châle, LUI, n'a pas décidé de se réincarner en Dexter et de retapisser le jardin avec les entrailles de ses victimes.... (Qu'est-ce que j'ai foiré dans son éducation? Hein? dites-moi?)

Allez, au programme des prochains épisodes, encore un peu de dentelle, encore un ouvrage de train, encore un peu de shawlette et plus de chat sanguinaire, j'espère...

dimanche 24 mai 2015

Le cardigan steeké

Le voilà donc entier, tout beau, tout bien steeké, mon cardigan Epistrophy de Kate Davies, tiré de son livre Yokes.
Encore un grand tricot devant l'Éternel.



La construction m'a vachement plu: c'est un bottom up (donc on commence par le bas pour aller vers le haut) et une fois arrivé à l'emmanchure, on s'arrête pour attaquer les manches.
Personnellement, j'ai fait les deux manches en rond en même temps, sur une aiguille circulaire.
Et ouais.
La classe, hein?
Moi aussi je me suis impressionnée sur ce coup-là. Ouais enfin... passées les deux premières heures où vraiment ça a été le casse-tête (en fait, deux manches en rond en même temps, au début c'est l'horreur!) Mais bon je m'en foutais, j'étais dans le Ediimburgh-Londres et j'avais cinq heures de bonheur tricotesque et ferroviaire devant moi, donc j'avais le temps de défaire et refaire (j'ai bien exploité la chose, croyez-moi, le passager assis en face de moi a vraiment dû se demander pourquoi je m'infligeais ça. À quand les compartiments "Knitting" dans les trains, je vous le demande? Au moins on arrêterait de passer pour de grandes malades aux yeux du passager lambda.)



Par contre, une fois les deux manches bien lancées et après avoir fait à peu près toutes les bêtises qu'offrait cette technique, c'est allé tout seul, et c'est moins relou que le magic loop.
Ce que j'ai préféré, c'est le moment où on relie les manches et le corps, au niveau des aisselles. On poursuit avec toutes les pièces assemblées sur l'aiguille circulaire pour monter le yoke et là c'est magique, on voit littéralement le pull se former sous nos yeux.

Quand à l'étape la plus périlleuse, le fameux steek, hé bien... un jeu d'enfant!
Non, en vrai, y a vraiment rien mais alors RIEN de flippant en fait! Une fois les mailles sécurisées, croyez-moi, il ne peut rien vous arriver.
J'ai même trouvé le relevage de mailles plus confortable comme ça.
Et puis le tranchage ça vaut le coup quand même. J'ai eu ma petite montée d'adrénaline!
Une fois le tricot fini, j'ai recouvert les fils coupés d'un joli ruban Liberty.



À gauche la version finie, à droite la version "à cru"

Petit bémol tout de même... Cette encolure qui bâille!
Si, si, regardez.


Si on la tire pour qu'elle dévoile les épaules, c'est très joli mais ça ne tient pas.
Si on la laisse bâiller normalement, bah c'est hyper lâche.
Je suis un peu embêtée même si ce n'est pas complètement rédhibitoire pour moi. Je pense quand même défaire l'encolure pour la resserrer, ce qui ne devrait pas être bien compliqué.

Malgré tout, le modèle est vraiment bien taillé, seyant, bien expliqué, bien détaillé.
À tricoter les yeux fermés, quoi.
Merci, Kate!





lundi 11 mai 2015

Feuille de printemps

Pour vous faire patienter en attendant que je puisse prendre des photos correctes de mon merveilleux cardigan tranché, j'ai tricoté une petite récréation printanière.

Modèle Little Buds de Karen Borel disponible en français et en anglais sur Ravelry
Un tricot simple, rapide, efficace et agréable!
J'ai tout de même détricoté deux-trois fois le début parce que je ne cessais de faire des erreurs... dans le point mousse.
Car le plus simple est toujours le plus compliqué, c'est bien connu!

Adorables boutons en liberty de chez Annie et Roger...

Et le dos qui reprend les motifs des deux petites feuilles délicates
L'ensemble a été réalisé en 4 ans avec une laine acrylique (adieu les principes!) et des aiguilles 5. Je crois... j'ai déjà oublié. En rond et sans coutures, bien sûr!

Allez, la prochaine fois vous aurez droit à du cardigan digne de ce nom, du tricot sérieux, quoi!