mercredi 30 octobre 2013

De fil en aiguille, 4: l'Irlande, 2

Moui, ça devient compliqué tous ces chiffres, moi-même je m'y perds un peu, m'enfin...
Pour rester dans le ton irlandais de ce début d'automne, je me suis dit que j'allais vous montrer mon seul projet qui traîne depuis des années.
Alors c'est vrai que quand une copine du café tricot - dont je tairai le nom parce que quand même j'ai un bon fond! - nous a montré son projet-boulet qui date d'avant son mariage, soit du début des années 2000 j'imagine (c'est bien ça, Amélie?), j'ai complètement relativisé la notion de boulet.
Le mien, il n'a que deux ans, il n'en est pas encore au stade de boulet, mais il commence à prendre de la place dans mon panier à laine.
(Notez que depuis mes récents achats monumentaux et non moins intempestifs, je rencontre un léger problème de stockage...)

Voici l'histoire:
Il y a deux ans, je partis en Irlande et je tombai en admiration devant une panière entière de pelotes dans la charmante bourgade de Kenmare. Comme je me trouvais bien dépourvue et que la bise était venue, je décidai d'acheter une pelote de chaque couleur. Je me retrouvai donc avec dix pelotes toutes plus belles les unes que les autres et je pris la décision de faire une couverture en carrés.
J'en étais encore au stade de la petite enfance tricotière.
Je me lançai tête la première dans mes carrés mais au moment de les assembler (avec du fil rouge, irlandais lui aussi, de toute beauté), je connus une sorte de panne. Coudre le tricot, quoi de plus ennuyeux? Au fil des semaines, ma couverture fut laissée de côté avant d'être finalement remisée au fond de mon panier à laine, où elle gît toujours.

Voilà l'histoire.



Le truc c'est que maintenant que je suis devenue ado (tricotement parlant), je trouve ça encore plus pénible de coudre ma couverture... mais j'ai encore une vingtaine de carrés qui attendent depuis 2 ans d'être assemblés...



L'autre truc bête, c'est que je me suis rendu compte récemment en fouillant dans le fameux panier de laine que j'avais complètement oublié d'intégrer à ma couverture la dixième couleur, une pelote violette (et maintenant c'est trop tard parce que la moitié des carrés est cousue selon un schéma de couleurs que je ne peux plus modifier et ça ferait tout bizarre s'il y avait du violet seulement sur un bout de la couverture. Vous suivez?). Du coup, lors de mon dernier passage en Irlande, je m'en suis racheté deux autres identiques, histoire de pouvoir en faire quelque chose.


Bon allez, j'ai besoin de motivation, là! Il faut que la couse cette fichue couverture! Et contrairement à ce que j'ai honteusement osé faire lors du rentrage de fils de feu ma cape en jacquard, je ne vais pas avoir le toupet de refiler cette tâche ingrate à une bonne âme du café tricot....



vendredi 25 octobre 2013

Parler, c'est tricoter

C'est pas moi qui le dis, c'est monsieur Claude Hagège!
Pour ceux d'entre vous qui ne le connaissent pas, monsieur Hagège est un grand ponte de la linguisique.


Le rapport avec le tricot? Aucun.
Mais quand j'ai vu ce petit livre à la librairie, je n'ai pas pu ne pas l'acheter. D'abord parce que les langues c'est mon truc, ensuite parce que le tricot c'est mon truc et enfin parce que ce genre de titres, c'est mon truc.
Alors est-ce que je vous recommanderais cette lecture?
Oui, mais n'espérez pas y trouver des modèles de petit gilet ou des techniques d'augmentation révolutionnaires... Point de cela dans ce petit livre! Le titre reste d'ailleurs assez mystérieux, et je soupçonne l'auteur de nourrir une passion secrète pour le jersey.
Par contre, si vous vous intéressez à la langue sous toutes ses formes, aux langues qui meurent, aux langues qui vivent, aux langues régionales, au verlan, et même à la langue de bois, allez-y! C'est très court, à peine une cinquantaine de pages, ça se lit d'une traite dans la salle d'attente du dentiste, c'est très informel, plutôt comme une conversation, ça n'a absolument rien d'universitaire (mais ça ne raconte pas n'importe quoi), ça fait vivre un petit éditeur et ça vous donne immédiatement envie de tout plaquer, de devenir ethnolinguiste, d'acheter une besace avec plein de poches dedans et de sauter dans un avion pour aller étudier les langues en voie de disparition de l'Amazonie!

Sur ce, je vous laisse, mon avion pour la forêt amazonienne s'envole dans 5 minutes!

Parler, c'est tricoter, de Claude Hagège, aux éditions de l'Aube.

vendredi 18 octobre 2013

Dubo, Dubon, Dubonnet

Pour réchauffer les oreilles d'un petit caneton parisien, j'ai improvisé un bonnet coordonné avec un gilet prévu pour être offert à Noël et pas encore terminé.




Adapté du gilet "Demoiselle arc-en-ciel", de Solenn Couix-Loarer.
Tricoté avec des aiguilles 3, du merinos fine aran Rico pour le gris  et des restes de couleurs pour les couleurs
Heureusement qu'on n'a d'yeux que pour cette jolie petite fille, ce qui nous empêche de remarquer à quel point la couture du bonnet est foireuse...!

lundi 14 octobre 2013

"La science, c'est pas de la merde!"

C'est pas moi qui le dis, c'est Pierre Desproges!

Et bien figurez-vous qu'il avait bien raison. En effet, la science c'est pas de la merde, et je m'en vais vous le prouver sans attendre.
Il se trouve que j'ai eu connaissance d'un article passionnant publié par le magazine Pour la science. On y parle là-dedans d'un truc scientifiquement révolutionnaire, un scoop international, le boson de Higgs de la ménagère... j'ai nommé le crochet.
Oui, oui, parfaitement, le crochet, notre crochet!
Je vous résume l'affaire avec mes mots: jusqu'à il n'y a pas très longtemps, les chercheurs étaient bien embêtés parce qu'ils se trouvaient incapables de représenter en vrai les récifs coralliens. Je vous passe les différents types de géométrie, Euclide et tout le bazar, mais vous voyez ce que c'est un récif corallien? Bon, bin avec ses formes toutes dentelées, il était impossible à modéliser. Sauf... sauf... sauf... qu'un fabuleux institut dont j'ai appris l'existence dans cet article a trouvé la solution pour modéliser les récifs: en les crochetant.
Mais eurêka c'est bien sûr! Quoi de plus approprié que le crochet pour représenter un motif dentelé en 3D?
Ça donne ça:

(Merci Sonia pour l'article! J'ai presque tout compris et j'ai même pas fait que regarder les images!)


Non mais vous imaginez?!
Le plus beau dans l'histoire, ce qui redonnerait presque foi en l'humanité, c'est que ce projet a été instauré par une institution de Los Angeles baptisée Institute for Figuring, qui, je cite l'article, "promeut l'esthétique et les dimensions poétiques de la science et des mathématiques sans recourir à la manipulation de concepts abstraits". Si c'est pas beau, ça. 
Je vous engage à aller consulter leur site, ainsi que le site dédié au projet du récif corallien en crochet, c'est tout simplement invraisemblable et magnifique!

Ça y est, maintenant moi aussi je veux être un grand scientifique qui crochète les concepts. 
Allez hop, sur ce je vous laisse, j'ai mon avion pour Los Angeles dans 5 minutes!

jeudi 10 octobre 2013

Ces petits riens

Notre famille, nos amis, nos proches quoi, on pense à eux, on leur fait des cadeaux, on leur tricote des trucs, ça nous fait plaisir et à eux aussi (en général, ou alors ils font semblant), et puis un jour pendant une conversation, v'là-t'y pas qu'on vous dit: "Ah oui, le petit machin joli que tu m'avais tricoté, c'est trop bête, je l'ai lavé et il a rétréci".
Là vous passez par toutes les phases habituelles qui suivent l'annonce d'une nouvelle de ce type (déni, colère, résignation, chagrin), et puis un beau jour vous reprenez le dessus et vous vous dites: c'est plus possible!
Voilà exactement (enfin, c'est légèrement exagéré, mais c'est pour la cause du récit) où`j'en étais un dimanche du mois de septembre où j'étais censée travailler (sur mon vrai travail, pas mon tricot, je précise). Et là j'ai eu l'illumination. Certains voient la vierge dans une tranche de jambon, d'autres ont une apparition derrière le pilier d'une basilique, et bien pour moi, le déclic, ça a été l'étiquette thermocollante. C'est moins spirituel mais on fait ce qu'on peut.
Ont suivi deux heures de recherche frénétique sur internet, en passant par toutes les solutions possibles, du tampon encreur à l'étiquette en tissu à coudre. Plus moyen de me concentrer sur mon travail, je n'avais plus qu'une idée fixe, une obsession, un caprice: me trouver des étiquettes.
Hé bien voilà, je les ai trouvées! Ô joie!!!


Oui, bon, je sais, j'ai un peu cramé la laine avec le fer, mais personne n'est parfait et puis je l'ai fait sur un petit bout qui ne se voit pas (trop)! Sur les trois mètres carrés de châle, ça passe très bien, je vous assure!
Et voilà, on peut enfin offrir le tricot sur lequel on a passé 56 heures en toute sérénité!
Il ne me reste plus qu'à apprendre à régler le fer à repasser...

lundi 7 octobre 2013

Le bleu du ciel

Vous vous rappelez la grosse pelote turquoise d'Irlande?
Bon, hé bien c'était ma moitié qui l'avait choisie afin que je lui tricote pour son anniversaire "une grande couverture à mettre sur les épaules pour travailler en hiver quand il fait froid".
Moi: "Une couverture pour les épaules? Un châle, quoi?"
Lui: "Non, non, un grand plaid à mettre sur les épaules".
(Ouais. Un châle, quoi!)

J'ai donc tricoté un châle (je sais mieux que lui quand même, zut alors!)




On m'avait demandé du grand qui enveloppe bien, j'ai fait du très grand qui enveloppe très bien. Avec ses trois mètres de long (j'exagère pas, hein! Le grand côté fait trois mètres), on peut même dire que c'est une couverture en triangle qui satisfait donc tout le monde. Une sorte de couverchâle quoi.


Chacun cherche mon chat
Et oui, fallait bien qu'il se case quelque part sur la photo, celui-là.

C'est chaud, léger et vaporeux. Très agréable à avoir sur les épaules l'hiver pour travailler quand il fait froid. D'ailleurs je me demande si je ne vais pas m'en faire un aussi, de châle, parce que vous pensez bien que je ne suis pas venue à bout de ma méga pelote.


Des petites rayures en point mousse sur le jersey histoire de faire quelque chose quand même, la construction sympa que j'utilise à chaque fois (on commence par le milieu du grand côté avec cinq mailles et on augmente à chaque rang endroit à chaque extrémité et de part et d'autre de la maille centrale.)
Voilà quoi, rien de bien sorcier, mais alors je peux vous dire que l'effet est garanti: on peut s'enrouler à trois là-dedans tellement c'est grand et même si on est tout seul on peut plier le (la?) couverchâle en deux tellement il y a de la place. 

Sur ce, hop, au boulot!