lundi 8 mai 2017

La mécanique de la jupe

Surfant sur la bonne petite brise couturesque qui souffle par ici, j'ai voulu l'autre dimanche me coudre une jupette.
J'adore les jupes, pourtant je n'en ai plus beaucoup et les seules qui ont survécu aux vagues intempsetives de tri hyper sélectif accusent le coup de l'âge. 
Donc je me suis dit: il me faut un petit patron sympa de jupe que je pourrais reproduire à l'envie. Et je suis tombée sur le patron "Jupe Belle-île" de la marque "Joli Patron".
C'était tout à fait ce qu'il me fallait: un modèle simple mais élégant, muni de poches (indispensables), avec de jolies découpes, et une option doublure (que je n'ai pas faite mais qui servira pour les jupes d'hiver).


Bon, à partir de là, tout s'est détraqué assez vite.
Tout d'abord, j'ai mal coupé mon tissu. J'ai oublié de plier le coupon pour découper les pièces, si bien que j'avais des pièces coupées sur l'endroit au lieu de l'envers, et vice-versa. J'ai mis un peu de temps à m'en rendre compte, ce qui a occasionné un usage intensif du découd-vite.
Ensuite, alors même que j'avais consciencieusement lu l'intégralité du patron avant de me mettre à la tâche, au moment de décalquer les pièces, j'ai complètement oublié que les marges de couture n'étaient pas comprises. Heureusement, j'avais coupé un 38 et en grattant un peu sur les marges, ça passe.
Enfin - et surtout - ma grognasse de machine à coudre a subitement fait une crise d'épilepsie, qui s'est empirée en crise de tétanie, pour finir carrément en syncope. Plus rien ne fonctionnait, ça faisait un bruit de dingue dès que j'appuyais sur la pédale. Blocage complet. 
Bon.
J'ai donc entrepris de démonter l'engin.

Outre que la tâche m'a filé un torticolis d'anthologie (et monopolisé une matinée entière), je me suis bien amusée à disséquer ma machine. C'est fascinant de voir comment ça fonctionne sous la coque en plastique! Franchement, j'ai immédiatement compris qu'on puisse vouloir passer sa vie à réparer des moteurs, des engins, des mécanismes si judicieux. Moi-même d'ailleurs, je n'aime rien tant que déboucher un évier... J'ai été accompagnée dans cette tâche par une passionnante émission d'Etienne Klein (vous ne le voyez pas mais mes yeux font des coeurs) qui traitait justement de la relation entre travail intellectuel et manuel - ou plutôt le soi-disant choix qu'il faudrait faire entre les deux-, et que je vous recommande hautement de réécouter ici.

Donc bref, après ma matinée d'extase en mode mécano - et un bidouillage de l'engin dont je ne suis pas peu fière, à base de patafix et de feutre autocollant -, ma machine est revenue à la vie. Certes, elle est légèrement plus récalcitrante qu'avant. Disons qu'elle est devenue très susceptible (chiante, quoi, pour le dire vite). Faut pas trop lui en demander et elle se braque facilement. Mais avec un peu de doigté et ma légendaire psychologie, j'ai réussi à la convaincre de me coudre cette jupe.



Cette jupe, donc!


J'ai réussi à la terminer, mais j'avoue que j'ai pas mal merdouillé.
Notamment sur la ceinture. Ou plutôt devrais-je dire LES ceintures, parce que j'ai eu tellement de mal que j'ai dû en faire trois. D'abord, il y a eu le hic des pièces mal coupées. Ensuite, il y a eu le hic du thermocollage qui me faisait une surépaisseur telle que le machin ne passait plus sous le pied de biche. Enfin, il y a eu le hic de la ceinture trop courte que j'ai dû rallonger à la va-comme-je-te-couds. 
Mais bon, telle Hannibal avec ses éléphants, malgré tous mes hics, j'ai réussi à contourner la montagne pour atteindre mon but.



Et j'en suis toute ravie. Je la trouve belle, bien taillée, sobre et élégante, hyper facile à porter. 
Certes, faut pas y regarder de trop près, notamment l'arrière de la ceinture qui n'est pas la perfection faite couture, mais dont je me félicite.



Elle fait complètement illusion. J'en veux pour preuve que personne ne me croit quand je dis que c'est moi qui l'ai faite (ça fait toujours plaisir).
Visez-moi plutôt cette jolie surpiqûre de poches! Les dites poches sont d'ailleurs d'un confort rarement atteint.


Il ne me reste plus qu'à prier pour qu'elle ne rétrécisse pas au lavage (complètement oublié de laver le coupon avant...) et qu'elle ne déteigne pas trop, parce qu'elle m'a l'air d'avoir un gros potentiel de ce côté-là.
Bon et la prochaine fois, j'apprends à me servir de mon appareil photo, promis...




8 commentaires:

  1. Oh oh ! Ça m'intéresse ce patron, dit la fille dont la machine à coudre est couverte de toiles d'araignées ;-)

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  2. Elle a l'air parfaite cette jupette!

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  3. ça change de la jupe qu'on voit partout! et je ne connais pas cette marque, tu en es donc contente? en tout cas bravo, tu as égalé Hannibal, c'est pas rien!

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    1. Oui je suis contente! Cela dit, je serais curieuse d'avoir d'autres retours pour savoir si mes pbs de ceinture sont liés aux explications du patron ou à mon incompréhension de la chose!

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  4. Tes expériences couturesques sont de vraies aventures, il y a de quoi en faire un livre ! ou plusieurs ! Il faudrait bien que la brise souffle ici, j'ai une machine toute neuve, heureusement, car je ne suis absolument pas douée en mécanique, pour démonter peut-être, mais pas pour remonter ! Je ne connais pas la marque "Joli patron", je vais aller zieuter. Je n'ai pas répondu rapidement pour une fois, j'étais en vadrouille au pays de l'aligot ( bonjour les kilos),un beau voyage pour mon anniversaire (non, n'insiste pas, je ne dirai pas quelle dizaine j'ai passé !), ça commence à coûter cher en bougies !!! Pour en revenir à ta jupe, c'est une réussite !! bises et belle journée! annie35

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    1. Ah la région de l'aligot, c'est mon pays natal tu sais! Et ça ne fait pas grossir, c'est une légende, un peu comme celle qui prétend qu'en bretagne il pleut tout le temps...
      Pour la mécanique, je t'avouerais qu'après le remontage de l'engin, il me reste deux vis sur les bras dont je me demande bien d'où elles proviennent. Donc il se peut qu'une deuxième intervention s'avère nécessaire. Avanture à suivre!
      Merci pour tes petits mots!

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